Culture

Ike Ngouoni : « Sans culture, pas de vrai développement »

Dans une tribune, ce consultant gabonais soutient que la culture devrait être traitée comme une infrastructure, au même titre que les routes ou l'électricité.

Et si le Gabon avançait moins vite parce qu'il néglige son récit collectif ? C'est la question que pose Ike Ngouoni Aila Oyouomi, président du cabinet de conseil stratégique AILA, dans une tribune où il défend une idée simple mais dérangeante : la culture n'est pas un supplément d'âme, c'est le socle sur lequel tout le reste se construit.

Scène illustrant le patrimoine culturel gabonais, symbole de la thèse défendue dans la tribune
La culture, souvent perçue comme secondaire, est présentée par certains experts comme un pilier du développement.

Une thèse qui change l'ordre des priorités

Dans son texte, Ike Ngouoni Aila Oyouomi renverse une habitude bien ancrée : celle qui range la culture après les routes, l'électricité ou les usines, comme un loisir qu'on s'offre une fois le développement acquis. Pour lui, c'est l'inverse qui se joue. Sans un récit collectif partagé, dit-il en substance, les grands chantiers manquent de sens et les populations peinent à s'y projeter.

L'idée mérite d'être posée avec prudence : il s'agit ici d'une analyse personnelle, portée par un professionnel du conseil stratégique, et non d'un rapport officiel ou d'une étude chiffrée. Mais elle rejoint une question que beaucoup de Gabonais se posent à voix basse, du marché de Mont-Bouët aux salles de classe de l'intérieur : à quoi servent les infrastructures si personne ne raconte ce qu'elles changent vraiment dans la vie des gens ?

Ce que ça pourrait signifier au quotidien

Concrètement, cette vision plaide pour que la culture — les arts, la mémoire, les langues, le patrimoine — soit intégrée dès la conception des politiques publiques, et pas ajoutée en fin de parcours comme une case à cocher. Un village qui reçoit l'électricité mais perd le fil de son histoire, un quartier rénové sans que ses habitants s'y reconnaissent : ce sont, selon cette lecture, des occasions manquées de faire adhérer les populations à leur propre développement.

L'auteur insiste sur un point qui parle directement au Gabonais lambda : le sentiment d'appartenance ne se décrète pas, il se construit par des symboles, des récits, des lieux de mémoire entretenus. Un pays qui investit dans ses griots, ses musées, ses langues locales, investirait, dans cette logique, dans sa propre cohésion — un ingrédient difficile à chiffrer mais souvent décisif quand vient l'heure des grands efforts collectifs.

Une piste à débattre, pas un verdict

Cette tribune ne tranche pas un débat, elle l'ouvre. Une seule source rapporte ces propos pour l'instant, et leur portée reste celle d'une opinion argumentée, à confronter à d'autres regards — économistes, acteurs culturels, décideurs publics. Elle invite néanmoins à une question simple, et utile : quelle place le Gabon donne-t-il réellement à sa culture dans ses plans de développement, et que changerait-il d'y accorder plus de poids ?

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