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Corruption en Afrique : l'Union africaine hausse le ton, et le Gabon aussi concerné

Vingt-trois ans après la Convention de Maputo, l'UA rappelle que la lutte contre la corruption reste un chantier inachevé sur tout le continent.

Chaque 11 juillet, l'Afrique commémore l'adoption de la Convention de Maputo contre la corruption. Cette année, l'Union africaine a choisi un ton plus grave que d'habitude : selon nos informations, son président en exercice a qualifié la corruption de « gangrène » qui mine la croissance et compromet l'avenir des nations africaines. Un message qui, derrière les mots de circonstance, interroge directement les pays membres — Gabon compris — sur ce qu'ils font vraiment de ce texte signé il y a plus de deux décennies.

Drapeau de l'Union africaine flottant au vent devant un bâtiment officiel.
La Journée africaine de lutte contre la corruption est commémorée chaque 11 juillet depuis l'adoption de la Convention de Maputo en 2003.

Un anniversaire qui pèse lourd

La Convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption a été adoptée le 11 juillet 2003, à Maputo, capitale du Mozambique. C'est ce texte que le continent commémore chaque année à cette date, sous l'appellation de Journée africaine de lutte contre la corruption.

Vingt-trois ans plus tard, le bilan reste contrasté. Des institutions existent, des lois ont été votées dans plusieurs pays, mais la corruption continue, selon l'UA elle-même, de « fragiliser les fondements du développement du continent ». Un constat qui ne surprendra pas grand monde, mais qui prend un poids particulier quand il vient du sommet de l'organisation continentale.

Le mot de Bujumbura

Selon nos informations, c'est Évariste Ndayishimiye, président de la République du Burundi et président en exercice de l'Union africaine, qui a porté ce message samedi. Il a réaffirmé que la corruption demeure une « gangrène » qui mine les efforts de croissance et compromet l'avenir des nations africaines.

Le terme est fort, presque médical. Il dit bien ce que représente ce fléau pour des économies déjà fragiles : de l'argent public détourné, des marchés truqués, des services essentiels qui n'arrivent jamais jusqu'aux citoyens qui en auraient le plus besoin. L'UA appelle désormais à passer des discours à « l'action concrète » — une formule qui, elle aussi, sonne comme un aveu que les précédentes déclarations n'ont pas suffi.

Et pour le Gabon, concrètement ?

Le Gabon fait partie des États membres de l'Union africaine et, à ce titre, est signataire de la Convention de Maputo comme la quasi-totalité des pays du continent. Ce genre de rappel annuel n'a rien d'anecdotique pour un pays qui a lui-même engagé, ces dernières années, des réformes de gouvernance et de transparence dans la gestion des finances publiques.

L'exhortation de l'UA ne cible aucun pays en particulier — c'est un message adressé à l'ensemble du continent. Mais elle rappelle utilement une évidence : la lutte contre la corruption ne se gagne pas avec des textes signés à Maputo il y a vingt ans, elle se gagne dans le quotidien des administrations, des marchés publics et des services rendus aux citoyens, à Libreville comme ailleurs.

Ce qu'il faut retenir

Cette déclaration reste, à ce stade, une prise de position institutionnelle de l'Union africaine, sans mesure concrète annoncée pour l'heure. Nous suivrons, dans les prochaines semaines, si cet appel se traduit par des engagements précis — de l'UA ou des États membres, Gabon compris. En attendant, l'essentiel est dit : le combat contre la corruption reste, pour toute l'Afrique, un chantier à reprendre chaque année, et pas seulement le 11 juillet.

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